• Fabien CATERINA

Séjour Mouche en Norvège


La Norvège, ses grands espaces, ses forêts, ses tapis de lichen denses, ses ombres arctiques et ses truites surpuissantes, l'eau qui s'écoule de toute part et les abondantes éclosions de mouches de mai...Voilà ce qui pourrait qualifier ce nouveau séjour de pêche à la mouche au dessus du soleil.

Cette année le départ était prévu fin juin pour un retour début juillet.

L'équipe est composée de ma compagne et d'un ami et l'objet du voyage est de partir en reconnaissance à la découverte de nouveaux secteurs sur place pour élargir la gamme de possibilités.

Les conditions de ce début d'été (printemps en Norvège, connaissent-ils seulement l'été?) sont bien différentes de celles que j'ai pu connaitre par le passé (grand beau, peu de vent, peu de pluie). En 2019, c'est une autre histoire et tous les éléments nous ont accompagné : la pluie, le vent, la grêle et même un peu de neige. Il a fallu pour le moins s'adapter, et apprécier les rayons de soleil.

À notre arrivée la rivière est puissante et les éclosions quasi absentes. Assez différent des émergences abondantes d'éphémères et de trichoptères et les fabuleuses parties de pêche en sèche de 2017 avec Julien, Manu et Pascal. Les ombres nous gobaient dans le dos.

Cette année le programme est organisé de façon à profiter des matinées pour partir à la découverte de secteurs inconnus, et profiter des journées sans fin pour pêcher l'après-midi jusque tard le soir. La reconnaissance en voyage demande un travail de recherche en amont, un soupçon de chance et de l'abnégation sur place puisqu'il faut accepter de prendre sur son temps pour la prospection au risque de passer à côté de la pêche. Mais c'est un risque qui comporte de belles surprises, un risque souvent constructif et qui vous assure ensuite un large panel de possibilités et de rivières pour faire face à toutes les conditions rencontrées durant votre séjour (niveaux d'eau, vent, activité, etc...).

Bilan de cette prospection, nous avons découvert et pêché près de dix rivières, chacune ayant son profil propre, sa largeur, ses caprices, ses espèces (truites fario, ombres arctiques, lavarets, brochets, perches etc...) et ses techniques de pêche spécifiques (sèche, nymphe, noyée, même à vue). Cette stratégie nous a offert la réussite du séjour malgré les conditions capricieuses et l'impraticabilité de la principale rivière recherchée : la Glomma. En somme, l'essentiel de mon objectif atteint. Celui de trouver une rivière pour la pêche en nymphe à vue, un secteur à trophées, des lacs pour la pêche du brochet, et des rivières de tailles plus modestes.

La Norvège est une destination où la pêche en sèche prime sur toutes les autres. On y vient pratiquer la pêche des postes et des gobages, des gobages... Il y a toujours un poisson pour monter en surface, et ce, tout le séjour.

En 2017 les émergences de sèdges et des petites éphémères nous avaient offert des conditions parfaites pour pêcher en sèche les lisses et les plats courants des grandes rivières. Cette année, d'abondantes sorties de mouches de mai (H6 pour les connaisseurs) sur de petites rivières lentiques nous ont offert une autre vision de la Norvège... Très satisfaisante ;)

Les amateurs de pêche sous la surface ne seront pas en reste...

La pêche en nymphe et la pêche en noyée sont bien adaptées et vous ouvrent à la capture des truites calibrées (25-35cm) mais aussi des plus grosses truites postées dans le fond des courants. Ces fario sont d'une puissance extraordinaire au point qu'il n'est pas rare de devoir courir après. Quelques sujets avoisinent 50 cm (et plus chez les truites) mais à cette latitude du globe, et à tailles égales, leur combat est incomparable à la plupart des espèces de l'hexagone. Les chandelles, même chez les ombres arctiques, sont monnaie-courantes.

Emmeline pourtant tombée malade avant le départ a trouvé les forces suffisantes pour profiter du séjour. À chacune de ses sorties sa progression est étonnante et m'offre un plaisir incomparable.

Au terme de cette deuxième expédition et avec un peu de recul, alors qu'en France nous subissions la première vague de canicule, le bilan est très positif. La Norvège a su nous offrir une fois encore ce qu'elle de plus généreux : ses grands espaces, et une nature préservée.